[Critique] « Portrait de la jeune fille en feu »

« Sublime, cathartique, artistique ». Si je devais écrire les petites critiques donnant envie aux futur.e.s spectateur.trice.s, ce seraient celles-ci. Mais laissez-moi vous décrire les émotions que moi, simple être humain n’ayant pas le métier, ai ressenti.

Ce film, réalisé par Cécile Sciamma, nous dépeint la relation entre la peinte et la peintre. Dans une île de Bretagne des années 1770, Marianne, jeune femme maîtrisant l’art du pinceau à la perfection, doit à la demande de la mère d’Héloïse, la représenter sur une toile pour son mariage. L’histoire me conquiert déjà de par son originalité, ou comment faire passer un message féministe et sentimental à l’aide de l’art.

La première chose qui m’a marquée, c’est la beauté de tous les tableaux. La réalisation est parfaite, les plans tous plus magnifiques et épurés les uns que les autres. Je suis pourtant un individu qui fait de la pureté une hérésie, voire une chimère (« There’s nothing pure about the way we do things »). Mais ici, on est captivé par les silences, qui sont d’or, surtout pendant les dialogues.

Outre les silences et la beauté, ce qui nous accroche, ce sont les regards. La beauté des yeux des actrices, leurs échanges silencieux mais plein de sous-entendus oculaires, est époustouflante. Noémie Merlant et Adèle Haenel montrent la sincérité de sentiments à la naissance timide.

Évidemment, le film se déroulant en Bretagne, les paysages nous émerveillent. Qu’ils soient en gros ou arrière-plan, c’est toujours un régal pour les yeux.

Le film est teinté d’une pudeur assumée (évidemment, au vu de l’époque, on peut le comprendre). Là encore, on est loin de ce que je suis. Mais comme je l’ai dit à une amie en rentrant du cinéma, c’est justement le fait de ne pas me reconnaître dans le caractère des personnages qui m’a intrigué et plu. On a tendance à n’apprécier que les œuvres dans lesquelles on se voit, se projette. Or, je ne me vois absolument pas dans cet univers, à ce moment-là. Mais c’est justement ce qui attise ma curiosité.

La peinture et moi, ça fait mille, et c’est pourtant le point d’orgue de ce film. Cependant, j’ai adoré voir Marianne dans son élément, passionnée. Et c’est là toute la puissance de cette œuvre : vous faire plonger dans un monde inconnu, dont vous avez l’impression de comprendre les rouages en vous levant de votre siège et en quittant la salle après le générique de fin.

Vous l’aurez compris, c’est les yeux étoilés que je sors du film, éberlué par la facilité avec laquelle l’équipe du film (qui – je dois le souligner – est très féminine, et ça compte beaucoup 💪🏻) nous fait passer un moment suspendu.

Pour finir sur mon ressenti, le militant pour les droits LGBTQ+ est ravi de voir un film avec des femmes qui vont apprendre à se connaître, et vont nouer des liens. Les films avec des baisers entre femmes se font rares, encore plus ceux où les personnages féminins s’aiment.

Je dois aussi avouer que c’est grâce à France Inter que j’ai connu ce film. Et notamment à une chronique du talentueux Thomas Croisière que je vous conseille vivement (pour avoir un avis plus… Croisièrien disons 😉). En voici le lien ici.

C’est très vivement que je vous conseille d’aller voir ce film (récompensé de la palme du meilleur scénario au dernier Festival de Cannes), en ce début d’automne pourri.

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