Une dernière nuit

La nuit qui nous fera passer au deuxième jour du mois de septembre est la dernière que je passe dans la chambre étudiante où j’ai vécu pendant plus de trois ans. Arrivé paniqué, inquiet pour mon avenir, encore peu confiant de mon potentiel en tant qu’humain, j’en ressors plein d’espoir.

Les murs de cet endroit abritent des ondes négatives, obscures. Le fantôme de mes pensées suicidaires et autres tentatives désespérées de faire sortir la dépression par la mutilation rôde. Mais ce lieu n’a pas été que le lieu d’une solitude souhaitée puis haïe (et de mon viol).

Ne nous mentons pas, partir d’ici est un soulagement. J’y aurais beaucoup plus pleuré, hurlé de rage, que ri et joui de plaisir. Mais certaines personnes qui en ont foulé le sol auront fait de ce que je commençais à considérer comme une prison un endroit rassurant, apaisé, et sensuel. Car bien sûr, j’y ai couché, oubliant le temps d’une nuit ma situation précaire mais ce fut surtout l’occasion de partager un moment charnel (bien plus agréable qu’avec une seule main) et empli de chaleur humaine.

La chaleur humaine, c’est ce dont manquait cruellement la vie à l’intérieur de cette habitation. Tout n’était que froideur, vide, prostration et odeur de clope. Les nuits y étaient parfois torturées, la dépression ayant posé ses valises très vite (et devenant ma compagne pendant deux ans de cette vie estudiantine).

Je remercie donc le plus chaleureusement du monde Clara, l’amie qui va m’héberger le temps qu’emploi et logement à moi soient trouvés, ainsi que les ami.e.s complétant la colocation que je vais donc côtoyer (que je connais cependant déjà dans sa grande majorité, ce qui facilite les choses).

C’est donc heureux que je vais dormir cette nuit, avec l’image d’un avenir illuminé. Le souffle de la volonté et de la force que j’aurais accumulées toutes ces années a fait disparaître les nuages pesant sur moi, et c’est un chemin clair que j’aperçois devant moi. Sans doute des embûches seront présentes, mais je commence à savoir les surmonter, tel Mario Bros sautant par dessus la lave (j’avais envie de placer cette référence).

Je vous laisse donc ici, rêveur, peut-être utopiste mais qu’importe, je préfère désormais ne plus me souhaiter le meilleur, mais faire le meilleur.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s