Pilules magiques

Autant prévenir d’avance : mon retour ne se fera pas sur une apologie de substances illégales. Juste celle des psychotropes. Plus sérieusement, vous aurez constaté que depuis plus d’un mois, j’étais aux abonné.e.s absent.e.s. Et pour cause, une fatigue des plus écrasantes est venue foutre ma vie en l’air, en en déréglant le rythme. Des nuits d’une ou deux heures, souvent des « nuits » le matin, des réveils en début de soirée, bref, tout un programme pour lequel je n’aurais jamais voté.

A quoi cela est dû ? Au départ, à un manque de médicaments, qui aurait été comblé par un rendez-vous très rapide avec ma psychiatre. Mais le manque de mon traitement s’est fait sentir immédiatement : plus de motivation, le sommeil qui s’envole et donc les rendez-vous ratés (pas d’ordonnances donc). Vous voyez le cercle vicieux.

Tout cela aura duré à peu près deux mois, mais je précise que je n’étais pas retombé en dépression. Tout cela n’était que physique, violent, mais pas mentalement. Je voyais du monde quand j’en avais la force (presque jamais donc). Mais ce qui m’a le plus enragé, c’est cette vie passée comme une larve, à ne pas prendre conscience que des enjeux se jouaient devant moi. Et notamment mon accès au master à la rentrée. Pour la faire courte, je n’ai que très tardivement (la veille de la clôture des dépôts des dossiers) réussi à me sortir de ma torpeur pour candidater, à un seul master, et réaliser le surlendemain qu’une pièce n’était pas bonne, donc dossier refusé. Joie.

Nous étions alors mi-juin d’après mes souvenirs, et ça n’est que quelques jours après – il y a pile une semaine – que j’ai enfin pris la décision de rappeler ma psy, et d’aller chez un médecin pour reprendre doucement mon traitement, arrêté brutalement. Et depuis une semaine, je revis. Je vous écris fatigué, mais pour cause de chaleur, de fin de session d’examens et d’activité militante. Pas fatigué de ne rien faire et de n’être rien (comme le dirait le monarque au pouvoir).

Dans cet article signant la reprise de mon activité, qui comme mon traitement sera peut-être plus légère au début, j’aurais pu parler de sujets qui m’ont énervé ou réjouit. SNU, propos outranciers tenus pas des pseudo éditorialistes, mais aussi exclusion d’une députée LREM pour ses propos homophobes ou canicule. Mais vous en bouffez déjà assez. Si un jour j’ai envie de péter un câble ou de partager un moment de joie, alors vous vivrez cela avec moi.

Et puisqu’on parlait de ces pilules, je m’en vais les prendre et m’endormir paisiblement, maintenant que je le peux.

Heureux de vous retrouver, lecteur.trice.s

3 réflexions au sujet de « Pilules magiques »

  1. Parfois on a beau savoir le cercle vicieux dans lequel on est plongé, en sortir demande tellement un effort suprême qu’on ne trouve pas toujours le courage de faire. C’est bien que tu aies réussi à t’en sortir, et de toi même. Profite bien de ta dynamique retrouvée !

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    1. Le simple fait de se rendre compte que ce cercle est vicieux est parfois compliqué, je m’y étais complu pendant des années. Il aura fallu de la volonté et des ami.e.s conscient.e.s que je n’étais plus celui que je semblais être pour m’en sortir. Et j’écris pour décrire mon parcours, afin que d’autres puissent peut-être se reconnaître et se dire que c’est possible, qu’on peut s’en sortir. C’est mon souhait le plus cher

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