Français.es et syndicats : un désamour permanent ?

Si l’on observe un peu la situation entre Français.es – qu’ils.elles travaillent ou non – et syndicats, on sait que depuis la fin des années 40, le taux de syndicalisation chute, et stagne aujourd’hui.

Les chiffres de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) nous montrent l’effondrement de ce taux (il passe de 30,1% en 1949 à 17,1% au début des années 60 [Source : DARES, Séries longues Octobre 2018]). En 2018, il pointe à 10,8%. S’attarder ici sur l’influence de facteurs comme les secteurs (public/privé, marchand/non marchand), l’âge des travailleurs.ses ou encore leur sexe serait trop long, et ce n’est pas l’objet (la DARES fait ça mieux que moi).

Mais on peut se demander ce qui a entraîné une division par trois du taux de syndicalisation en France. Estime-t-on que de droits, nous n’en avons plus besoin et que par conséquent, les syndicats seraient caduques ? Au contraire, ces derniers sont-ils considérés comme incapables de lutter pour la défense des droits acquis et l’obtention de nouveaux ?

Autre question : sait-on même à quoi sert un syndicat ? Cela paraît idiot, mais bosser dans une entreprise sans savoir que des organisations existent pour être représenté face à la hiérarchie, c’est une cause probable de la non-syndicalisation. Il faudrait apprendre très vite le droit d’être protégé.e.s aux salarié.e.s, ce qui permettrait peut-être une remontée de ce fameux taux dont nous parlons depuis le début. Mais la non-syndicalisation peut aussi être une volonté.

On peut tout à fait penser que certain.e.s estiment inutile de cotiser pour se syndiquer, soit pour laisser les autres faire et bénéficier du fruit des négociations, ou alors penser que ces dernières ne mèneront à rien, que le rapport de force est forcément inégalitaire, et en faveur du patronat.

Toujours est-il que les organisations syndicales ne peuvent être mises au ban du débat public, elles sont un outil de défense – plus ou moins en accord avec le gouvernement face auquel elles discutent (pas toujours) – des travailleurs.ses et ce 1er mai, symbole d’unité entre syndicats et « gilets jaunes », est peut-être une preuve que le divorce entre les syndicats et le peuple (que ne sont pas les « gilets jaunes », ils en font partie mais n’en sont pas la représentation, ou en tout cas moins qu’à leurs débuts)

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