Nuit 53

Elle est évoquée par Christine and the Queens dans son titre « Nuit 17 à 52 » (dont le clip est parfaitement réalisé, avec une Christine qui joue à la fois la femme et l’homme).

Nuit que j’imagine chaude mais à l’odeur de tabac froid. Moite mais pas d’excitation, juste de spleen, avec un jeune homme regardant tour à tour bras et couteau, couple parfait.

Brouillard épais dans la pièce, on n’y distingue que l’âme errante de cet homme, qui a quitté son corps il y a bien longtemps. Il ne bande plus, n’est plus sûr de rien. Les rêves ? Oubliés. La vile réalité l’écrase : être heureux était trop demander. Draps défaits, froissés par des nuits tourmentées.

Plus il se regarde, plus cette envie de briser son image l’envahit. Il enrage, se hait, veut changer. Redevenir celui qu’il était avant, avant qu’on ne lui dise qu’il allait mourir. Oui, comme tout le monde un jour, mais lui bien trop tôt. Tout allait trop bien, il ne se souciait de rien.

Une tumeur. Six mois. Quatre options. Vivre, aimer, profiter ; se suicider seul, avec les moyens du bord ; se faire tuer légalement, étant Belge, autant tirer profit de cet avantage ; laisser faire la mort, qui peu à peu le bouffe.

Zéro proche. La première option est donc quasiment à exclure pour lui. Il aura préféré la mort lente, attendre les six mois. Il ne manquera à personne après tout. Allez, d’après son calendrier, encore deux jours…

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