Hésitation

Cette date fatidique est enfin arrivée. 21 ans que tu auras été enfermé dans une petite boîte, de la taille d’un enfant prématuré, sans doute.

Te rendre hommage ici me paraît presque nécessaire, tant l’écriture me permet de me rapprocher de toi. Mais j’ai hésité, pour une bonne raison. Peut-être le sais-tu, je t’ai écris récemment. Pas comme ici, où mes doigts se contentent de valser sur un clavier de téléphone.

Non, je t’ai écrit avec une plume (un stylo-plume en réalité, mais j’ai fait avec les moyens du bord et je sais que t’aurais trouvé ça classe que ce soit avec une véritable plume trempée dans l’encre). Alors que je regardais ton visage, que je dois t’avouer, j’avais complètement oublié, l’encre coulait, aussi vite que les gouttes d’eau salées qu’on appelle « larmes » sur ce papier qui tremblait au rythme de ma main. J’espère que tu sauras déchiffrer les mots d’un frère toujours dévasté par ta mort, mais si heureux d’avoir pu te voir, il y a deux jours.

Je ne sais pas ce que tu penses de la dernière fois que je t’ai rendu visite, j’émets l’hypothèse que m’être éloigné de ta tombe pour me recueillir a été mal pris, mais sache que c’était trop pour moi. Cet hommage n’en était pas un, un être aussi vil que celui que tu sais – et si non, c’est le copain de notre génitrice – ne pouvait être présent. Il a souillé ton espace de son aura malveillante.

Quand je suis arrivé devant toi, rien n’avait bougé, c’était sûr. Rien n’avait été ajouté, ni enlevé. J’en ai énormément voulu à celle qui nous a conçus. Te rendre visite doit être compliqué pour elle (même si je reste convaincu que tu aurais pu survivre, mais on ne refait pas le passé, je sais), mais j’ai l’espoir qu’elle pense à toi aujourd’hui, au moins une fois dans l’année.

Comme je te l’ai dit frangin, je suis aujourd’hui un jeune homme heureux, qui a traversé des épreuves pas toujours simples, mais qui a été accompagné, et qui de nombreuses fois a failli tout laisser aller et plonger dans les abîmes, à tes côtés, en quelque sorte. Je fais tout pour te rendre fier de moi, et comme cette phrase me fait monter les larmes, je vais m’arrêter là.

Pour toujours, je t’aime.

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