“Easily the best I ever had” (38)

⚠️Ce récit fictif est à caractère érotique. Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, ce texte est donc interdit aux mineurs⚠️

Chapitre 38 : Sombres similitudes

Un matin, comme souvent, les deux frères amis de Clara viennent sonner à la porte pour se rendre au collège avec elle. Et je ne peux m’empêcher de fixer les bleus, sur leurs bras, virant parfois au pourpre.

Le soulagement dans leurs yeux lorsque nous leur ouvrons la porte, je le connais. C’était le mien quand je quittais le domicile familial. Je le reconnaîtrais entre mille. J’avais déjà pensé à des violences parentales, ce qui m’avait conduit à en parler aux collègues. Je n’avais pas encore essayé de faire dire aux garçons s’ils étaient en sécurité chez eux, mais maintenant qu’ils sont en cinquième, j’estime qu’ils ont largement la capacité de m’en parler (en avoir le droit, c’est une autre affaire…).

Avant qu’ils ne partent, je demande au plus âgé – de quelques mois – si ses parents sont chez eux. Il me répond que oui, qu’ils sont au chômage. L’hésitation avant de me préciser leur inactivité me surprend, mais je préfère ne pas insister. Je leur souhaite une bonne journée et ferme la porte. Julien écoutait la conversation de loin, et me demande : « Tu vas y aller hein ? ».

Comme toujours, il voyait juste. En tant qu’éducateur, je ne pouvais pas garder ces soupçons dans une impasse. J’avais demandé l’adresse des deux frangins à Clara, notre fille n’ayant jamais été invitée pour un goûter par exemple, mais rentrant parfois avec ses amis après les cours.

D’un coup brutal, mon compagnon me saisit par l’avant-bras, et me balance sur le canapé.

« Je sais que ça te stresse cette histoire. T’es tellement tendu qu’on dirait que tu t’es métamorphosé en statue. Laisse-moi régler ça va », s’exclame-t-il avant de m’embrasser et peu à peu me dénuder. Mon membre sera victime de ses assauts buccaux, qui, il faut bien le dire, parviennent merveilleusement à me calmer. Au bout de dix minutes, il présente sa langue à mon urètre qui n’hésite pas à l’honorer.

Complètement ailleurs, je m’assoupis et c’est Julien qui me fait le réaliser en me donnant une claque sur l’épaule.

« T’as pas quelque chose à faire toi ? Allez, on se bouge ! ».

Alors qu’il se rend au tribunal, je prends la direction de la maison des parents. Une fois arrivé, c’est hésitant que je sonne à la porte. Aucun bruit. Je retente le coupe et cette fois, c’est la bonne. Un homme enrobé m’ouvre, et l’odeur d’alcool qu’il dégage pourrait rendre ivre la totalité du quartier. J’en fais abstraction, et lui demande si je peux entrer. Avant même qu’il ne réponde, je perçois vaguement un couloir lugubre, mal voire pas rangé. Mais contrairement à ce à quoi je m’attendais, il me laisse entrer avec un sourire, enfin ce qui y ressemble.

« Veuillez excuser l’absence de ma femme, elle est au travail. », m’annonce-t-il comme si c’était un drame. Mais j’en étais sûr, ses parents ne sont pas chômeurs. Je l’interroge :

« Et vous ? Vous commencez plus tard ? Avez terminé ? »

« Bien vu beau gosse, je bosse de nuit, c’est leur mère qui s’occupe des gosses. Vous êtes là à cause d’eux pas vrai ? Ils se sont encore plaints d’être frappés ? J’te jure, ça me donne envie de leur en coller une… ».

La contradiction de ses derniers propos mise de côté, je lui demande :

« Pour quelle raison ils se déclareraient battus si ce n’est pas le cas ? »

« Je te pensais plus malin, c’est pour attirer l’attention, faire pleurer dans les chaumières et nous les faire retirer. Ils aiment pas leurs parents, comme tous les ados, donc ils cherchent un moyen de fuir de cette maison. »

« Ils ont déjà fugué, ou essayé ? »

« Jamais. Ça leur est jamais venu à l’esprit, et j’vais te dire, ils auraient pas intérêt. »

« Vous avez une femme de ménage ? ».

Ce soudain changement de sujet l’étonne, mais il consent à répondre que non, qu’il manquerait plus que ça, payer quelqu’un pour ce que peuvent faire des gosses gratuitement. Le caractère assez compliqué de cet homme, un lieu d’habitation insalubre, que des enfants doivent nettoyer eux-mêmes… La ressemblance me trouble, mais je dois rester concentré sur le cas.

C’est alors que la mère des enfants débarque. Son mari, surpris, s’exprime :

« Tu finis si tôt ? Ça fait à peine trois heures que t’es partie… »

« Le patron m’a gavée, alors j’me suis barrée. Et c’est qui ce type ? »

« C’est vrai que je vous ai pas demandé ce que vous faisiez dans la vie »

« Je… euh… suis au chômage. Je souhaitais rendre visite aux parents des amis de ma fille ».

La mère s’étonne :

« Ah, donc c’est vous le pédé qui vous occupez de Clara ? Faudra la rendre à ses parents un jour mon vieux. »

« Je suis son père, madame. Et mon mari l’est aussi, c’est notre fille, on n’est pas baby-sitters. ».

La rage intérieure me fait presque oublier les marques sur les poignets de la femme. Sans doute sous l’emprise de la colère, je lui demande :

« Vos enfants aiment se débattre quand vous les frappez ? »

Elle fronce les sourcils, et répond :

« Tu débloques mon gars, j’me suis fait ça en tombant, c’est tout. »

« Vos enfants se bagarrent entre eux ? »

« Non, enfin pas que je sache. Pourquoi ? »

« Arrêtez de vous foutre de moi. Je vois en permanence des traces sur leurs bras, et j’imagine qu’il doit y en avoir ailleurs. Alors soit vous me dites la vérité, soit j’entame une procédure avec le juge des enfants. »

Les deux se mettent à hurler et me bousculent vers la sortie. Ce comportement peut vouloir dire deux choses. Soit ils sont exaspérés que de telles accusations les salissent, soit j’ai visé juste. Quoiqu’il arrive, la vérité sera faite sur les événements et le sort de ces gamins. Et sans le savoir encore, c’est Clara qui m’aidera à les sauver…

Chapitre précédent

Chapitre suivant

Chapitre premier

Une réflexion au sujet de « “Easily the best I ever had” (38) »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s