Troisième œil

Ignace n’est pas né à Tchernobyl est n’est pas un Illuminati reptilien. Non, il a juste développé un sens jusqu’alors caché. Si les murs ont des oreilles, alors lui peut voir à travers eux. Mais pas seulement. Tout mensonge est démasqué, et ce à l’aide d’une technique simple mais redoutable.

En effet, en posant à sa/son interlocuteur.trice des questions fermées, il peut littéralement voir ce à quoi pense ce.tte dernier.ère, et donc déceler les tromperies. Dernier exemple en date : il s’interroge sur l’alibi de son fils pour ne pas aller en classe. Il entre dans sa chambre, mais au lieu de mesurer sa température, il lui demande :

– Tu as touché au chauffage ?

L’enfant répondant que non, son père a pu remarquer qu’en vérité, il l’avait fait, son for intérieur exclamant un oui resplendissant.

Afin d’asséner le coup de grâce, il lui demanda :

– Tu as demandé à maman si tu pouvais rester ?

Cette fois-ci, l’enfant répond à l’affirmative. Or, d’innombrables « non » viennent troubler la vue d’Ignace. Et à raison. Il savait pertinemment que son fils n’aurait jamais pu voir sa mère avant lui. Perdu dans ses pensées, il est éveillé par son fils qui l’interroge :

– Elle va bien maman ? Quand je l’ai vue, elle avait l’air patraque…

Ceci ne pouvait qu’être faux, puisque le fils n’a pas vu sa mère. Or le père est obligé de répondre, et soudain, alors qu’il s’apprête à rassurer son fils, ce dernier s’exclame :

– T’allais dire oui papa, hein ? Pourquoi tu mens ? Elle est où maman ? Je sais que tu vois mes pensées, mais tu m’as transmis ce don. J’avais peur d’être le seul, mais faut croire qu’on est deux, au moins.

La mère du petit n’allait pas bien en effet. Le géniteur était pris à son propre piège, tremblant. Il n’aurait jamais imaginé que ce talent puisse traverser les générations. C’est alors que son enfant lui posa la question qu’il redoutait :

– Tu l’as tuée ?

La froideur dans son regard voulait tout dire. Son père aurait beau essayer, c’était trop tard. Il le savait avant même de demander. Le flingue détecté dans la poche droite du veston de son père, il continua de l’assaillir :

– Tu comptes le sortir ? Tu vas me tuer ? Tu tuer ?

Trop de questions, trop de réponses aux yeux du père, qui voyait les mensonges des autres mais découvrit ce matin-là qu’il percevait les siens. A bout, il pointa l’arme sur sa tempe et tira. Il s’écroula alors sur le parquet dans un silencieux fracas, tandis que son fils se levai afin de tirer une deuxième fois et signer la mort de son père. Il parla alors à voix haute, en s’exclamant :

– Tu regrettes ?

Cette question lui étant adressée, il y répondit, et pour une fois, il parvînt à dire la vérité.

– Non.

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