Article d’un étudiant dans un journal (7)

Mai 68 : et si on se soulevait en musique ?

Lorsque j’ai appris que le Dossier Spécial de ce (déjà) dernier numéro de l’année portait sur Mai 68, j’ai voulu aborder ce thème sous un angle qui m’est particulièrement cher : la musique. Et j’ai immédiatement pensé à UNE chanteuse américaine : Janis Joplin. Voix profonde, rauque et rock and roll, tout pour me plaire.

Auteure qui s’est toujours sentie hors du système, différente, raillée par ses camarades, elle est devenue une icône de la scène pop-rock. Ce sentiment de différence l’amène à côtoyer un groupe d’homosexuels avec qui elle partage le goût pour la musique, notamment la Beat Generation, qui rejette les normes musicales standard et favorise l’expression créative. Trois jours avant sa mort, en studio, avec son groupe, le Full Tilt Boogie, elle souhaite « enregistrer une chanson d’une grande importance sur le plan politique et social ».Ce sera « Mercedes Benz », morceau qui nous parle de ce bonheur illusoire que l’on nous amène à poursuivre et du rejet hippie (mouvement auquel elle appartenait) de cette époque et du consumérisme.

En France, les artistes yéyé connaissent un succès phénoménal pendant cette période, ce qui empêche en partie la période révolutionnaire de se propager de par la musique. Mais on peut nuancer ce constat. Des chanteurs très engagés comme Georges Brassens ou Léo Ferré critiquent les politiques, la société de consommation et du spectacle, la censure et la présence trop intrusive à leurs yeux de l’ORTF (Office de Radiodiffusion-Télévision Française). Mais la revendication première de ces artistes, c’est l’antimilitarisme. En effet, la guerre d’Algérie et le conflit au Proche-Orient sont toujours d’actualité, et évoqués par Salvatore Adamo dans « Inch’Allah ». En outre, l’acquisition par la France de l’arme nucléaire suscite de fortes réactions (on peut citer « Il y avait une ville » de Claude Nougaro »).

Mais, et aujourd’hui alors, cinquante ans après ? Qu’en est-il de la révolte musicale ? Je me dois de vous parler d’un certain groupe de rock anglais, trio qui fait battre mon cœur, j’ai nommé Muse. Qui n’a jamais entendu ce refrain : « They will not force us, they will stop degrading us. They will not control us, we will be victorious. So come on! » (en français « Ils ne nous forceront pas, ils arrêteront de nous humilier. Ils ne nous contrôleront pas, nous serons victorieux. Alors viens ! ») ?

Il est tiré du morceau « Uprising », sorti en 2009. Cette chanson a été écrite alors que des protestations non violentes se déroulaient à Londres, dans le quartier des Ambassades, alors qu’avait lieu le G20. Matthew Bellamy, leader du groupe, a déclaré que « Uprising, c’est un peu comme un bande de voyous qui proteste contre la situation bancaire ». La chanson appelle au rassemblement afin de lutter contre ces politiciens et banquiers véreux (fat cats en anglais).

Fairy Psycho

(Article écrit pour le numéro de mai 2018)

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