Une vie fantôme

Toujours il est passé inaperçu, même auprès de ses parents, qui le désiraient autant que le VIH. C’est donc tout « naturellement » qu’il a été abandonné par ces derniers à la naissance, et ne l’a su que tardivement.

Il a pendant des années imaginé ses parents adoptifs comme étant ses vrais parents, qui jamais ne lui avaient dit qu’il ne partageait avec eux qu’un lien social. Mais une lettre de sa mère biologique vint bouleverser et mettre à mal les mensonges des parents « sociaux ».

Malgré tout l’amour que ces derniers éprouvaient pour lui, le jeune homme, qui ne sait pas même son vrai nom (est-ce celui donné par ses parents actuels ou par ses géniteurs, qui auraient apparemment pris cette peine ?), n’a pu leur pardonner et est parti dès qu’il a pu.

Il a erré, longtemps, de foyer en foyer, sans jamais attirer l’attention. Sa sociabilité est proche du néant, ce qui fait que sa vie s’est poursuivie sans compagnie, à part la sienne. L’homme n’était même plus certain de l’existence même de son être. Était-il seulement de ce monde ?

Il s’est rendu compte que oui lorsque, le jour de ses 27 ans, fêtés en compagnie de toute la rue qui l’ignorait en cet hiver mordant, il est mort, de faim, de froid et de lassitude.

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