Toxiques « likes »

Pour beaucoup, dans cette société malade, le monde virtuel est un échappatoire. Le malheur se transforme en sourire, qui peuvent en réalité cacher un profond mal-être. Mais c’est ainsi que ce « deuxième monde » fonctionne : une belle gueule, un sourire éclatant, une vidéo de moments joyeux (qui peuvent être inventés, personne ne le verra), et pouces bleus et autres coeurs viendront vous réconforter. La façade de votre vie fait vendre du rêve. Mais en vérité, votre vie est un cauchemar.

Je ne suis pas connu pour balancer un faux bonheur à la gueule des gens, au contraire. Si ça ne va pas, ça ne va pas. Parfois, j’en parle à ma façon, parfois avec des signes plus ou moins compréhensibles. Mais jamais je ne vais nier un bonheur que je ne connais pas, bonheur en lequel je ne crois de toute façon pas.

Jamais, à partir du moment où je me suis su dépressif, je ne me suis dit : « Il faut que tu le caches, que tu restes dans un jeu de faux-semblants ». Le dire m’a valu des ruptures amicales, mais voilà ce que c’est, que de montrer sa souffrance. Evidemment, je ne passe pas mon temps à poster des photos sur Instagram de mon quotidien. Pourquoi ? Parce qu’il est bien souvent vide. Mais n’étant pas du tout à la recherche du like, de l’abonnement, des commentaires à foison, je publie parfois des posts où la vérité, même si elle est laide, éclate.

Bien sûr, je ne suis pas en train de dire que tout le monde s’invente la vie dont elle/il aurait rêvé et la jette au visage des gens. Mais combien de fois ai-je vu des personnes, dans les transports ou dans la rue, prendre un selfie tout sourire, pour ensuite retrouver leur moue d’il y a dix secondes ? Pourquoi faudrait-il sourire en permanence sur les photos ? Pourquoi la joie, le glamour, le bling-bling, plaisent ? Peut-être parce que ce monde virtuel est perverti par la recherche de la popularité.

Instagram, Facebook ou Twitter ne vous sauveront pas d’une dépression ou autre mal. Comme le dit si bien Stromaë dans sa reprise de « Carmen » : « D’abord on s’affilie, ensuite on se follow. On en devient fêlé et on finit solo ».

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