Article d’un étudiant dans un journal (6)

« Linky » : le compteur de la terreur

Ce titre alarmant résume plutôt bien la polémique que ce compteur électrique a suscitée. Revenons d’abord sur le contexte. Le 18 août 2015 a été votée la loi de transition énergétique. Elle pose le fait que 35 millions de compteurs seront déployés dans les foyers aux abonnements inférieurs à 36 kilovoltampères, qu’ils soient résidentiels ou professionnels. Des amendes en cas de non installation de l’ordre de 1500 euros étaient prévues, mais suite aux protestations, les sanctions ont été retirées du texte de loi.

L’installation a donc commencé en 2015, mais pourquoi la polémique s’éveille-t-elle maintenant ? « Linky » est décrit par Enedis, qui gère EDF, comme un compteur « communicant » ou « intelligent ». Cela signifie que l’opérateur peut relever la consommation d’électricité en temps réel et peut constater très rapidement les pics de consommation. Quels reproches sont donc adressés à ce compteur qui semble révolutionner le marché des compteurs électriques ? Tout d’abord il est basé sur la technologie du « Courant Porteur en Ligne » (CPL) dont les ondes seraient probablement cancérigènes, « Linky » émettant 75 kilohertz. C’est le Centre International de la Recherche sur le Cancer qui a donné l’alerte. D’autres sources, comme l’Agence Nationale des Fréquences, après des études sur d’anciens compteurs, affirment que les émissions d’ondes sont « très faibles ».

Mais l’objet principal de la polémique, c’est le constat que ce compteur pourrait surveiller notre vie privée H24. Ses détracteurs affirment que la collecte de données sur la consommation électrique permettrait d’établir des profils de consommateurs et les revendre à des marques. Même la CNIL, Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, avait émis des doutes sur ces compteurs en 2012 déjà. D’après elle, « Linky » peut savoir à quelle heure vous vous couchez et vous levez, combien d’individus composent le foyer et, plus inquiétant, les non-présences dans ledit foyer, qui pourraient être profitables aux cambrioleurs. Le consommateur doit donc, depuis qu’Enedis a pris en compte ces inquiétudes de la CNIL, cocher une case « J’autorise expressément Enedis à enregistrer ma courbe de charge ».

Mais l’aspect surveillance de cette polémique n’est-il pas exagéré ? En effet, les utilisateurs mécontents de ce compteur fournissent leurs données personnelles à de grands groupes tels que Google ou Facebook. Après tout, chaque post partagé sur ce réseau social reste à jamais gravé dans la mémoire du web. Il est tout à fait légitime de protester contre la collecte de données par un compteur électrique, mais dans ce cas, autant protester contre la collecte et la surveillance généralisées, qui peuvent nuire à des carrières ou tout simplement à la vie quotidienne.

Article rédigé en janvier 2018.

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