La PMA…

… fait l’objet de Propos Monstrueux et Abjects…

En voici une preuve désolante. Certain.e.s diront que c’est donner de la visibilité à cette association que je ne nommerai pas, mais je pense qu’il faut dénoncer ce genre d’affiches, de paroles exprimées sur le sujet sans le connaître.

Mais justement, la PMA, c’est quoi ? Procréation Médicalement Assistée, elle n’est de nos jours autorisée qu’aux couples hétérosexuels, sachant que la femme doit avoir maximum 43 ans et l’homme 45 ans, qu’elle n’est accessible que si il y a un risque de transmission de maladie grave, problème d’infertilité ou si les tentatives de procréation ne fonctionnent pas. Il faut savoir que dans 10% des cas, il n’y a aucune preuve médicale, mais la PMA est accordée malgré tout. Cette méthode de procréation représente 24 000 enfants, soit 3% des naissances. Sur ces 3%, 5% sont nés de donneurs.ses anonymes. L’argument « L’enfant ne connaîtra pas son parent biologique » est donc risible, puisque ne concerne que très très peu d’enfants.

Parlons maintenant des couples de femmes, puisque c’est le sujet qui nous intéresse chez SOS homophobie, bien que nous défendions évidemment aussi l’accès aux hommes trans et aux femmes célibataires, enjeux qui seront traités pendant les états généraux de la bioéthique, qui donneront lieu à une loi, renouvelée tous les sept ans. Ces couples disent tous, je dis bien tous, vouloir « fonder une famille », pas « avoir un enfant ». Et les mots sont importants. Ce n’est pas un « caprice » comme on peut le reprocher aux personnes qui revendiquent l’accès à ce droit.

Vous allez me dire : « Oui mais elles peuvent adopter. ». Certes, mais faisons le point sur le parcours incroyablement ardu que doivent parcourir les personnes souhaitant adopter. Quantitativement d’abord, on compte en France environ 1400 enfants adoptés par an, et entre 20 et 30 000 individus agrégés pour avoir un enfant. Autant dire que l’accès à la parentalité via l’adoption est très restreint. Et vous vous y attendiez peut-être, mais pour un couple homo, c’est encore plus compliqué. Il n’y a que très peu de pays étrangers qui autorisent l’adoption par des couples homosexuels : le Brésil, l’Afrique du Sud, un état colombien et quelques états des Etats-Unis. Des couples de femmes ont donc recours à la PMA dans des pays étrangers, ce qui entraîne une urgence sanitaire, les méthodes étant « bon marché » mais en contrepartie, plus dangereuses, pour la mère et l’enfant. Les couples les plus aisés se rendent en Espagne le plus souvent, mais il faut faire de nombreux allers-retours, sachant qu’une PMA aboutit à une naissance au bout d’environ 6-7 essais.Dernier volet et je m’arrête, le volet civil et judiciaire. Il faut noter que la compagne de la mère d’intention (qui a porté l’enfant) n’est pas sa deuxième mère, elle n’a aucun droit sur l’enfant, même en cas de décès de sa conjointe. Elle doit donc adopter l’enfant, et passer par le tribunal. Des preuves de bonne foi sont demandées (photos qui la montrent en train de bien s’occuper de l’enfant, témoignages de personnes le plus éloignées possible du couple [pédiatre par exemple] etc). Et parfois même, la police s’invite chez le couple, et vérifie que l’enfant bénéficie d’un milieu de vie décent. Je ne vous dis pas le traumatisme pour la « non-mère ».Bref, article engagé, mais mise au point importante. Merci à Clément, dont je ne connais le nom de famille, de nous avoir éclairé sur le sujet lors de la réunion du 5 avril.

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