Une vie faite de rêves (3)

Rêve numéro 3 : La quitter

Ce rêve se développait dans le sombre esprit qui était le mien, gosse déjà blasé par la vie, qui se demandait si elle valait vraiment les coups physiques et psychiques que je me prenais dans la gueule.

Il y avait une autre raison à ma volonté de mourir, c’était l’envie de rejoindre mon frère. Je m’imaginais pouvoir lui parler, puisque nous aurions été à nouveau réunis au même endroit. En outre, un raisonnement que je trouve assez étrange pour un enfant me parcourait l’esprit. J’étais né le premier, il était hors de question d’accepter que je ne meure pas le premier. Je savais que me foutre en l’air n’allait pas rétablir cet équilibre – il aurait toujours été le premier à avoir péri – mais c’était réfléchi.

Je devais mourir, pour mon bien, pour le retrouver, au risque de ne plus voir ma sœur. Et vous vous en doutez peut-être, mais c’est elle qui m’a fait renoncer à ce rêve, qui m’aura d’ailleurs poursuivi longtemps mais pour des raisons qui auront évolué (homosexualité trop lourde à cacher, violences de ma mère plus intenses…).

Même lorsque j’ai fui la cause de la plupart des blessures que la vie m’a laissé (pas besoin de vous dire qui), et après avoir assumé mon homosexualité au grand jour, sans en avoir honte pour un sou, j’avais toujours en tête cette envie de partir, il y a encore quelques mois. Mais cette fois, les questions « Mais à quoi je sers et à qui vais-je manquer ? » ont été le moteur de ce désir.

La défenestration, que j’ai tentée il y a presque 10 ans, n’est pas pratique en résidence universitaire. Et j’avais pas envie de galérer à gagner la mort, jusqu’au bout. Donc j’ai pensé à des méthodes qui peut-être n’auraient pas marché, je n’en sais rien : cocktails de produits ménagers et anxiolytiques + antidépresseurs, ne plus manger (mais ça même si j’avais énormément moins d’appétit, je n’aurais pas pu le faire), me trancher les veines, le corps, le visage, voire me poignarder…

Bref, vous l’aurez compris, c’est un rêve qui m’aura suivi, qui se sera accroché à mon dos tel une sangsue. Mais la dépression semble s’éloigner, mes amis sont des plus adorables et je sais que sur eux je peux compter. Aujourd’hui, le suicide n’est plus une envie. Je réalise que la vie a encore à m’offrir, et que j’ai une trace, ma patte à y laisser.

Alors je vous embrasse, et vous souhaite un bon dimanche 😘

 

 

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