C’est quoi, « la vie » ?

« Tu comprendras quand t’auras vécu la vie ». Cette phrase m’était souvent répétée par ma génitrice pour justifier son adhésion aux idées d’extrême-droite.

Vous vous en doutez, débattre avec elle relevait de l’impossible. J’avais donc droit à des diatribes anti-immigration (« on peut pas accueillir tout le monde, on a déjà assez de monde dans la rue », ces mêmes gens que jamais elle n’a aidés), anti-gauche, anti-journalistes (« tous de gauche », et sa chaîne de prédilection est BFM TV, du haut niveau niveau journalisme, on le sait)…

Dès l’enfance, j’avais droit, avec ma sœur, à des phrases telles que « Sors pas avec une arabe, elle te fera plein de gosses pour les allocs ».

Lorsqu’elle parlait de son compagnon actuel, réunionnais, elle précisait toujours « Mais la Réunion, c’est la France », comme pour se rassurer (« Ça va, je sors pas avec un étranger »).

La vie, je pense l’avoir vécue un minimum, mais à la différence de cette femme, qui me l’a rendue épique disons, je ne distingue pas les individus en fonction de leur couleur, origine, ou religion. Un con est un con, une conne est une conne. Point. Sociologiquement, il est observé que la majorité des enfants adoptent les idées politiques de leurs parents. Je ne sais quand est-ce que j’ai opéré ce travail de déconstruction, mais il a été en tout cas le bienvenu.

Alors, non, je ne « comprendrai » pas une fois que j’aurais vécu la « vie », phrase signifiant juste « Tu verras que tu voteras FN quand tu seras plus mature », à laquelle je réponds avec la même ferveur : non.

Elle a longtemps été au chômage, très bien. Mais dans ce cas, je pourrais aussi voter Front National au vu des recherches longues et infructueuses de travail, mais non. Elle se trompe simplement d’ennemi. Dans le capitalisme, élément central de « la vie », ce sont grands dirigeants et actionnaires qui tirent profit des richesses. Pas l’immigré qui vient d’arriver et qui soi-disant lui volerait son travail.

En bref, elle est une cause perdue à laquelle j’ai échappé et qui n’aura pas réussi à me contaminer. Petite anecdote pour finir tiens. A l’époque où Florian Philippot était encore vice-président du parti, elle avait osé cette phrase « Y’a quand même beaucoup de gays au FN hein ». Ok, c’est bon, tu m’as convaincu !

J’aurais d’ailleurs adoré voir sa mine déconfite lors de la défaite de son idole aux présidentielles. Elle qui y croyait tellement. Tu vois, la vie, y’en a qui la voient du bon côté malgré tout 😀

Allez, bisous 😘

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