Ma « mère » et moi (7)

Epilogue

Tu vois, tu as perdu. Non, ton emprise n’aura pas réussi à me détruire. Mais je dois admettre que tu as bien failli venir à bout de cette entreprise d’anéantissement moral. Dois-je t’en féliciter ? Tu ne mérites pas que je te congratule.

Tout ce à quoi tu aurais droit, c’est mon ignorance. Mais je dois l’avouer, il est dur d’oublier tout ce que j’ai pu endurer par ta faute. Cela a fait de moi celui que je suis aujourd’hui, il est donc logique que gravé en moi ce soit. Alors j’y pense, encore, parfois. J’en rêve aussi, ou devrais-je dire en cauchemarde. Peut-on donc dire que tu as réellement perdu ? Pas forcément, en tout cas pour le moment, mais ça ne saurait tarder.

En outre, je sais que si j’étais resté, cela aurait fini en larmes et en sang. Les larmes, c’étaient les miennes, le sang ne faisait que bouillir (même s’il a coulé, très rarement). Ton amour toxique aurait fini par m’achever, et l’insurrection aurait commencé. Tu te demandais (et peut-être te demandes-tu encore) comment avais-tu pu avoir un fils pareil. Crois-moi que je me refusais à croire que j’étais sorti de toi.

Cela va bientôt faire deux ans que je t’ai fuie, sur un coup de tête, mais qui avait ses raisons. Cette cavalcade fut des plus éprouvantes, certainement LA plus éprouvante, et j’ai pu en effet me demander dans quel pétrin je m’étais foutu. Ce n’était pas le regret d’être parti, non. Juste l’impression que malgré tout, la vie avait encore en stock de quoi bien m’ennuyer. Mais au final…

Je vais bien. Bien sûr, 19 ans de rage sont encore présents, mais contrairement à toi, je fais en sorte qu’ils soient apaisés, car en leur disparition totale je ne crois pas. J’essaie de faire le bien autour de moi, pour oublier que je suis né de deux êtres que le terme « biens » ne peut décemment définir.

La chose dont je suis le plus fier, et je terminerai là-dessus, c’est d’être parvenu à ne pas lâcher pendant ces 19 années. Bien sûr, maintes fois j’ai eu envie d’en finir, mais ç’aurait été t’accorder une trop belle victoire. Encore récemment, ces envies d’abandonner la vie revenaient, mais entouré comme je le suis aujourd’hui, j’ai su rebondir. On me dit que c’est grâce à ma volonté. Peut-être. Et pour cette volonté, cette envie de vivre, de profiter de ces gens qui cheminent à mes côtés, de guérir de tous les maux (notamment par l’usage des mots), je te remercie, toi, la pire chose que me soit arrivée dans la vie que tu m’as donnée.

Signé, celui qui n’est plus ton fils.

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