Ma « mère » et moi (6)

Chapitre 5 : Opération Evasion

Je suis encore dans ma chambre, à écouter de la musique sur YouTube grâce à cette fameuse 3DS. Je n’ai qu’une peur : qu’elle parvienne à déverrouiller mon portable et accède aux SMS que nous nous envoyions avec ma sœur, dans lesquels nous prenions un plaisir fou à les critiquer (et à les insulter), son fiancé et elle.

Puis au bout de quelques temps, elle débarque, calme, et me rend mon portable, il est alors aux alentours de 20h30 et une heure est passée depuis les événements. Avant de quitter ma chambre, elle me rejoue le manège habituel : « Je suis désolée, je me suis emportée, mais j’étais inquiète aussi, j’ai failli appeler les flics tellement j’avais peur. », je n’ai fais qu’acquiescer. Apprend à gérer ta peur alors, parce que c’est pas terrible comme manière de la surmonter.

Bref, je vais dormir, un peu avant 22h. Tétanisé. Pétrifié. Terrorisé par ce que je m’apprêtais à faire le lendemain. Je me souviens d’ailleurs qu’avant que je ne décide de dormir, ma soeur entre dans ma chambre, sans un mot, et pour la première fois, je lui dis « Non », je ne voulais pas parler ce soir. Le lendemain matin, je pars de chez moi en prévenant celle que je verrais alors pour la dernière fois : « Faut que j’aille postuler pour l’offre que j’ai trouvé hier » (ce qui était vrai). Les derniers mots que j’aurais entendu de sa bouche furent : « Ok, bisous, à toute à l’heure », avec un grand sourire. Si elle savait…

Le plan était déjà prévu. Je devais retrouver Léa et Manon, deux proches (plus trop maintenant) qui m’ont accompagné pour aller porter plainte, dans mon ancienne ville, et je les en remercie encore mille fois. Le temps qu’elles arrivent, je m’éloigne de la ville. Je prends le métro pour aller je ne sais plus où, mais pour oublier, décompresser. Ça n’a évidemment pas fonctionné, j’étais à un niveau d’angoisse extrême.

Manon arriva, nous nous rendîmes alors chez les assistants sociaux dont je vous parlais dans le chapitre précédent. A l’accueil, lorsque je raconte avoir été violenté par ma mère, il y eût cette phrase : « Mais il n’y a pas de traces ». J’étais déjà au bord des larmes, c’est par litres qu’elles tombèrent après ce coup de massue. Manon s’énerve sur la secrétaire : « Mais vous voyez pas à quel point il est au bout ?! ». Celle-ci nous fait alors patienter. Léa prévient Manon qu’elle est en route. Puis les assistants sociaux arrivent, je suis reçu et leur raconte ce qu’il s’est passé, en précisant que je comptais aller porter plainte avec deux amies rencontrées en première année de fac, dont celle qu’ils ont vue. A la fin de l’entretien, les assistants sociaux laissent Manon et Léa entrer pour me parler, et nous quittent. Pendant cet interlude, mon courage a été salué, « Y’a peu de gens qui auraient osé faire ça » et autres phrases gênantes qui m’ont fait pleurer (oui, encore).

Vint le moment du commissariat. Nous nous y rendons et je suis alors pris d’un doute : main courante ou plainte ? Je craignais le procès si plainte était déposée, je craignais de devoir lui faire face à nouveau. Le fait que ce soit ma « mère » n’entrait pas en considération dans cet arbitrage, et Léa m’a convaincu de porter plainte, les effets de ce que j’ai vécu étant trop graves pour une simple main courante. Je dépose alors plainte pour « Violences volontaires par ascendant » (toujours garder les procès-verbaux). Oui, mais après ? Nous mettons au point un plan. J’appelle ma génitrice en lui demandant si je pouvais passer la soirée et la nuit chez Léa, avec ma vraie voix. Vous imaginez donc sa réaction après mon « Allô ? » : « C’est qui ? ». Je lui répondis que c’était « son fils » et elle me sort cette phrase « Mais pourquoi tu parles comme ça ? » (Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous comprendrez 😏). Je lui dis « Bah je te parle, c’est tout », puis s’ensuit la demande. Elle me demande si je peux lui passer Léa, ce que je fais. Elle aurait alors demandé à cette dernière si « ses parents étaient d’accord » (ce que je lui avais déjà confirmé deux minutes avant). Puis je la reprends au téléphone, et elle me dit que « Sans pyjama ni sous-vêtements, ça allait être compliqué », à croire que j’étais vraiment con et que je pouvais pas dormir habillé, et que c’était un drame de porter deux jours de suite les mêmes sous-vêtements (avouez vous l’avez tous et toutes fait).

Après tergiversations, elle accepte. Et cette histoire de sous-vêtements était parfaite. J’en ai profité pour demander à ma soeur si elle pouvait me ramener des affaires, assez discrètement. Elle a prétexté devoir retrouver une amie pour parler d’un travail à faire, et m’a ramené des habits. Nous avons alors parlé tous les quatre, rigolé aussi, malgré le contexte assez tendu de la situation. Puis ma sœur rentre chez elle, ce qui n’était plus chez « nous » désormais.

Exceptionnellement cher lecteurs et chères lectrices, je vais publier deux textes de cette histoire aujourd’hui, par crainte que ça ne soit trop long. Dans celui qui arrive, je vous raconterai tout ce qu’il s’est passé dès mon arrivée dans ma nouvelle ville de résidence.

La bise et à très vite !

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