Ma « mère » et moi (6) [bis]

Opération Evasion, la suite

J’ai donc passé la nuit chez Léa, rassuré mais quelque peu angoissé quand même. Je suis resté chez Léa pendant une semaine, semaine qui fut riche en recherche d’un toit et en émotions, très contrastées.

Parlons du lendemain d’abord. Le mercredi donc. J’étais censé rentrer « chez moi », ma génitrice n’étant évidemment pas au courant que j’étais parti pour de bon. J’ai entrepris des démarches administratives pour trouver un lieu d’habitation, et ai continué par ailleurs à chercher un emploi, malgré l’instabilité totale de ma situation. Le soir, alors que je revenais de je ne sais plus où pour être franc, ma « mère » voyant que je ne rentrais pas, m’appelle. Mais imaginez la scène. Il pleut, vous n’avez presque plus de batterie, galérez à retrouver l’immeuble où habite votre amie, l’appeler, elle ne répond pas, puis recevoir des dizaines d’appels et de messages de votre génitrice et de son con de mec. C’était la panique totale dans ma tête, l’épuisement mental guettait.

Je ne dormais pas la nuit et mangeait très peu, je refusais d’être un fardeau pour mon amie, qui avait déjà la gentillesse de me loger. J’envoie un mail à mon ancienne prof de SES, pour la tenir au courant de ma situation, dans lequel j’indique avoir porté plainte contre ma « mère ». Et devinez comment cette dernière a su que son propre fils avait commis cet acte ? En piratant mon mail. Je reçois en effet le jour même, le jeudi, un message de Google m’informant que quelqu’un a eu accès à mon mail. Immédiatement, j’appelle une proche de Léa, que je connaissais, pour lui demander ce que je devais faire. Apparemment, appeler les flics. J’appelle les flics, ces derniers me répondent qu’ils ne peuvent rien faire, que ça ne représente pas un danger immédiat mais que si ce danger immédiat se profilait, alors je devais les appeler (pas con le gars).

Dans ma tête, ils allaient me retrouver. J’avais fait tout ça pour rien, ils me ramèneraient, puis me tueraient peut-être, qui sait ? Et c’est alors que je reçois un message de l’autre con (son mec), qui m’accuse évidemment de mentir, me dit que je devrais avoir honte etc. Et me demande quand est-ce que je passe pour récupérer mes affaires et rendre les clés. Là, je panique à nouveau. Hors de question que je m’y rende seul, elle serait capable du pire (et lui n’étant pas commode et m’effrayant aussi à l’époque, j’étais inquiet rien qu’à l’idée de lui faire face). Je propose le vendredi, le lendemain donc. La même amie que j’avais appelée pour cette histoire de mail piraté a accepté de m’accompagner jusque mon ancien lieu d’habitation. C’est le cœur serré par la peur que j’ouvre la porte de la cité, et par chance, nous croisons une des gardiennes. Je lui demande si, ça ne la dérangeait pas, elle pouvait nous accompagner, après lui avoir raconté la situation. Elle accepte, et comme prévu, c’est lui qui ouvre la porte de l’appartement. Malgré la présence de cette amie et de mon ancienne gardienne, j’étais inquiet, inquiet que ma génitrice ne sorte de sa chambre et explose, même si son gars avait bien spécifié qu’elle ne voulait plus jamais me voir (c’est beau la réciprocité). Ce ne fut pas le cas, nous prîmes le plus d’affaires possible, et partîmes. C’est la dernière fois que je voyais cet endroit, lieu de tant de cauchemars.

Le mercredi matin de la semaine suivante, je reçois un mail du CROUS de Versailles, qui après m’avoir dit ne pas avoir de place en résidence, m’annonce finalement qu’une chambre universitaire est libre, et que je dois me rendre à la résidence pour régler les détails. Lorsque Léa rentre, je lui annonce avec joie la nouvelle, et prépare les papiers à ramener à la résidence. Une fois sur place, on me parle directement de caution, de loyer… Sauf qu’évidemment j’étais sans le sou. Je leur précise ma situation (Léa ne pouvait plus m’héberger) et ils m’assurent que je ne dormirai pas dans la rue cette nuit. Alors je reviens pour la dernière fois chez Léa, et ramène toutes mes affaires (en fait, uniquement des vêtements et des papiers), à la résidence. Et on me donne les clés, moment intense. On fait l’état des lieux avec une gardienne, puis je m’installe petit à petit.

Je dois encore remercier Manon. C’est grâce à elle si aujourd’hui j’ai du linge de lit et si j’avais de la vaisselle (que par maladresse j’ai cassée en intégralité, mis à part les ustensiles). Mais au départ, rien. Je dormais avec comme oreiller mon gilet et comme couverture ma doudoune. Je mangeais ce que je pouvais mais au moins j’étais… chez moi. Quant au loyer, l’aide d’une assistante sociale fut précieuse car elle obtenu que le CROUS paie mes loyers des trois premiers mois (donc juin, juillet et août), et de l’argent pour pouvoir survivre cet été 2016, le temps que mon dossier de bourse soit traité.

C’est une nouvelle vie qui a commencé, nouvelle vie dont je vous raconterai les balbutiements la semaine prochaine.

Je vous embrasse ❤️

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