Le blasphème

Alors que je me remémorais ma soirée de mardi en regardant des vidéos et photos de celle-ci, je me revois en train d’insulter crûment celui que celles et ceux qui y croient appellent « Dieu ».

Et ça me fait rire, car ivre ou pas (là on va dire que j’étais dans un état pas très normal), me moquer du sacré n’a jamais été un problème chez moi. Je dirais même que ça l’est encore moins depuis que la France (et plus particulièrement l’un de ses journaux satiriques, Charlie Hebdo), a été frappée car elle n’a (ou n’avait) pas peur de caricaturer le divin, ainsi que les fanatiques qui justifient leur haine de l’autre à l’aide des textes sacrés (sortis d’on ne sait où).

J’ai aujourd’hui des doutes quant à la capacité du pays à rire du sacré. Les attentats ont réduit les capacités de réflexion et de critique de celles et ceux qui défendaient alors bec et ongles la liberté d’expression. Ils « étaient » Charlie il y a 3 ans, aujourd’hui la moindre caricature de Mahomet ou de Tariq Ramadan est islamophobe (mot que mon correcteur automatique ne comprend pas, tiens). Être « islamophobe », c’est donc faire une Une avec Ramadan ayant la trique et se revendiquant « Pilier de l’islam » et rire de ce dessin ? Alors je suis « islamophobe ».

La France devient un pays fébrile en ce qui concerne la critique de la religion en général, la droite ayant très peur pour nos « racines chrétiennes » par exemple ne tolère pas non plus que l’on se moque de Dieu, Jésus et consorts. Charb, l’une des victimes de l’attentat et caricaturiste à Charlie, avait écrit un texte, « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes ». Une représentation de ce dernier devait avoir lieu à Paris 7, mais a été annulée après la demande d’un syndicat étudiant, qui ne craignait pas la pièce mais « le débat qui la suit »

La jeunesse française se met donc à censurer par peur du débat ? Sérieusement ? La France est connue pour être un pays de râleurs et râleuses, alors si on commence à nous empêcher de se foutre sur la gueule, en toute cordialité, j’ai peur pour la liberté de ce pays. Vraiment.

Le blasphème est un droit, que l’on doit respecter comme tous les autres, tant que l’on ne nuit pas à autrui. Et le rire, la réflexion, la critique (constructive) n’a jamais nuit à personne, à part aux cons.

Lien de l’article : Censure d’une pièce posthume de Charb

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