Ma « mère » et moi (5)

Chapitre 4 : Bouleversements et évasion imminente

Dans le chapitre précédent (que vous trouverez ici), je vous parlais en toute fin d’un événement banal qui allait chambouler le déroulé de ma relation filiale. Je m’en vais ici vous expliquer de quoi il retourne.

Je rentre de la fac un soir, exténué après une journée de cours chiante et des transports bien disposés à rendre plus dense la boule de nerfs qui se formait en moi. Comme d’habitude, je me dois de faire à manger pour ma soeur et moi, et prépare donc le repas. Pas de plat tout préparé, ça c’est uniquement le week-end devant la télé (notamment le samedi soir et les Simpson ❤️). J’utilise donc maints ustensiles afin de satisfaire nos estomacs et, d’un coup, je me coupe l’index gauche avec un couteau de cuisine. Je pète un plomb pas possible, le sang coule par terre, je vais mettre mon doigt sous l’eau, la douleur s’apaise, mais le sang continue à couler au rythme de l’augmentation exponentielle de ma rage. Je fonce donc dans ma chambre, en claquant la porte, pour écouter du bon gros Muse et me détendre.

C’est là qu’on peut se demander où était ma génitrice pendant toute cette scène, ce capharnaüm. Nulle part. Enfin si, dans son petit cocon d’amour avec son chéri, qui était juste à côté de la cuisine ce qui forcément, à moins d’être sourde et ce n’était pas le cas, aurait dû lui faire entendre le bazar. Mais non, rien.

C’est en écrivant ce texte que je me souviens que je m’était carrément entaillé un bout de peau, qui lancinait tranquillement. Bref, le lendemain, je vais la voir en lui demandant si on n’avait pas de quoi guérir un minimum la plaie. Sans même me demander si ça allait, elle me dit que non, et que de toute façon c’était trop tard puisque la plaie avait déjà cicatrisé.

Je vais donc moi-même acheter des pansements, histoire de calmer les douleurs qui n’avaient pas disparu. Avec mon argent de poche. J’en parle à une ancienne amie qui me ramène à l’anormalité de la situation. Pour elle, une mère doit prendre soin un tant soit peu de ses gosses, et le fait de ne même pas se préoccuper de mon état n’était pas normal, et encore moins de ne pas avoir le minimum vital en cas d’accident bête et méchant comme celui mentionné.

Ceci ajouté au fait que je ne me sentais pas en sécurité chez moi, à cause de cette femme et de son comportement, a fait dire à mon amie que je devais aller en parler à des assistants sociaux. Je refusais au départ, puis lui parle de ma sœur, de mes inquiétudes par rapport à elle, que mon désespoir ne déteigne sur elle. Et Manon, il faut bien que je la cite car elle le mérite, me dit en gros Si tu le fais pas pour toi, fais le pour ta soeur, agis, tu peux pas rester dans cette situation ! Et c’est là que tout (re)commence.

Le lendemain, je me rends chez les assistants sociaux et dit à l’accueil en pleurant (donc avec grande difficulté) que j’ai peur chez moi, en permanence, peur pour ma vie. File d’attente. Deux assistants sociaux m’accueillent et me précisent que deux assistants sociaux, ça veut dire « cas urgent », ce qui me soulage. Ma situation était prise au sérieux. Je leur parle de certains événements passés, de l’ambiance globale au sein du foyer. Après mon récit, ils me disent que si jamais il y avait urgence, je pouvais revenir voire appeler la police.

Et là, tout s’accélère. Le lendemain (oui, ça s’enchaîne, vous l’aurez remarqué), je devais me rendre au CROUS de ma fac afin de régler une broutille, ce dont ma mère était au courant. Elle ne savait cependant pas que je me rendais ensuite dans une structure permettant de faire de beaux CV, de chercher des annonces etc (j’ai oublié le nom). Je ne l’avais pas prévenue de cette initiative, en effet. Je suis arrivé là-bas vers 14h30, j’en ressors aux environs de 19h. Je consulte mon téléphone, au moins 3 appels manqués et 4 messages. « T’es où ? », « Tu fous quoi », « Rentres sinon j’appelle les flics ». Dans ma tête, ça se passe comme ça « Bon ok, tu vas te faire gueuler dessus mais t’es habitué, t’inquiète ». Sauf que non. Je rentre, m’approche pour faire la bise à ce monstre, et ce regard… Ce regard noir qui me pétrifiait et me donne des frissons rien qu’en y repensant… Donc pas de bise mais un « Alors toi ! ». Là j’ai compris que ça allait être ma fête, « mais t’inquiète, t’as déjà connu ça ». Elle me tire par le bras droit pour m’emmener dans ma chambre, me plaque sur mon lit, et me hurle dessus, son inquiétude, son « tu me refais plus jamais ça ! » tout en me maintenant le bras contre le dos. J’ai mal, je pleure, j’ai envie de lui gueuler dessus que JE NE POUVAIS PAS lui répondre (simple savoir-vivre, j’étais en plein rendez-vous à l’agence) après qu’elle m’ait pris mon téléphone en me disant « comme ça au moins, t’auras une excuse pour pas répondre ».

Puis elle repart dans la cuisine avec son connard, ils se font à manger comme si de rien n’était. Un instant je regarde ma fenêtre ouverte, puis la referme aussitôt (« Nan, fait pas ça, tout ce que tu gagnerais, c’est sa victoire »). Je reste cloîtré dans mon lit, à trembler et pleurer. Je ne pouvais plus. C’était la fois de trop. Je devais partir. Je n’avais plus mon téléphone mais j’avais cette merveille de 3DS, console portable qui m’a permis de me rendre sur Internet. Facebook. Statut suivant : « Envisager de porter plainte contre sa propre mère. Elle est pas belle la vie ? ». Manon qui me demande ce qu’il se passe. Je lui explique tout…

Et la suite arrive jeudi prochain, l’histoire touche à sa fin.

Je vous embrasse fort ❤️

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