Mon homosexualité (2)

Deuxième partie : Années collège et premiers fantasmes

L’entrée au collège fut dans mon cas un moment traumatisant à bien des égards. Il est normal qu’un enfant quittant l’école pour cet endroit soit inquiet, inquiet de se voir grandir mais en même temps de se retrouver à nouveau le novice dans ce lieu, le bleu, celui qui n’y connaît rien.

Mais moi, j’avais « perdu » mon meilleur ami, peu avant d’y entrer. Je nous voyais déjà déconner tout comme nous le faisions en primaire, il aurait été mon soutien, j’aurais été le sien. Mais il est parti, loin, juste avant l’entrée en 6ème. J’avais néanmoins un autre ami connu en primaire, Wilfried, qui en fait ne me correspondait pas. Nous rigolions beaucoup certes, mais il était du genre à se moquer, gentiment, de moi, le petit gamin timide alors qu’il était le premier à aller draguer ou parler à d’autres collégiens. Il faut dire qu’à l’époque, la répartie et moi ne nous connaissions pas vraiment…

Si je vous parle de cet énergumène, c’est parce qu’un souvenir me revient toujours en tête quand je pense à lui. Alors qu’un jour, nous l’avions invité avec son père chez nous, ma génitrice prononce cette phrase au père : « Nan mais t’as vu comment il se tient ? On dirait une tarlouze. C’est pour ça qu’il faut que je le bouscule. » Peu de temps après, en sortant du collège, je parlais avec Wilfried qui affirme avec ce ricanement qui lui était propre que son père disait que « [son] pote, il faisait vraiment pédé ». J’apprenais donc alors à cet instant que le père d’un ami, qui apparemment n’a pas protesté contre les dires de ce dernier, avait le même avis que celle qui m’avait mis au monde.

Mais, au fait, c’est quoi une « tarlouze », un « pédé » ? Ces termes, je les entendais au collège, souvent au cours de conversations viriles dans lesquelles des garçons disaient ne pas être des « pédés » notamment. Le mot « tarlouze », c’est donc bien plus de la bouche de ma génitrice qu’il sortait, et s’adressait à moi. Ah au fait, lorsqu’elle disait qu’elle devait me « bousculer », ne le prenez pas au sens figuré. Elle me bousculait, me frappait, « pour faire de moi un homme ».

Dans une journée quotidienne au collège, je sentais que je ne regardais que les garçons. Mais il y avait quelque chose en plus : ce qu’on appelle le désir, ils m’excitaient (pas tous quand même). Le pire, c’était évidemment lorsque nous avions sport. Vous vous doutez bien qu’il était hors de question que je me change avec mes homologues, de peur que le trouble provoqué par la vue des ces corps ne se voit. Je venais donc toujours déjà en tenue de sport en cours, afin de ne pas avoir à subir cette épreuve. Mais il fallait bien attendre que le ou la prof arrive. Dans mes souvenirs d’ailleurs, je n’ai eu que des profs masculins, dont un qui accompagnait régulièrement mes séances masturbatoires. Bref, en attendant les profs, il fallait bien se poser quelque part. Et à chaque fois, c’était en face des vestiaires pour garçons, mais pas trop, un peu en décalé. Puis je profitais de la vue à chaque fois que la porte s’ouvrait.

Je ne savais rien de l’homosexualité, personne n’en parlait à la maison. Pas un seul référent familial, rien. J’étais perdu, dans un désert empli de fantasmes qu’il me fallait cacher. Et des questions me taraudaient: « Pourquoi moi ? Pourquoi ne suis-je pas comme les autres ? Pourquoi je ne suis pas « un vrai homme » d’après ma « mère » ? » Puis j’ai eu un sentiment étrange un soir. Alors que j’écoutais la radio, la nuit, arrive une pub pour un numéro de téléphone qui permettait de rencontrer des « mecs chauds de ta région, que tu sois gay, bi, ou hétéro curieux ». Alors je n’étais pas le seul ? Il y en avait d’autres ? Mais non, non ! J’étais hétérosexuel, point. Je refusais d’être « différent », se fondre dans la norme était la meilleure chose à faire. Mais chaque nuit de plaisir nocturne me ramenait à cette réalité : je ne pensais qu’aux hommes, et ce n’était pas faute d’essayer d’intégrer des femmes dans mes scénarios…

Il y a ensuite eu la consommation de films pornographiques et les masturbations sur des photos de bombes sexuelles. Dès l’âge de 12-13 ans, j’ai commencé à m’y mettre. Et jamais je n’ai tapé autre chose que « porno gay », à cause de cette pub qui m’a fait entendre le mot « gay » pour la première fois. Et c’était le festival, j’enchaînais les vidéos et les photos, toutes plus bandantes les unes que les autres. Je précise que je les regardais sur l’ordinateur familial, sans effacer l’historique, puis j’ai appris la technique avant d’aller carrément naviguer en privé, oui, se cacher, ça s’apprend.

Je crois qu’on a fait le tour de cette période, et la semaine prochaine, je vous emmène au lycée.

Merci mille fois de me lire, encore. Je vous embrasse ❤️

Partie précédente

Partie suivante

2 réflexions au sujet de « Mon homosexualité (2) »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s