T’aurais eu 20 ans

Et vers je ne sais quelle heure du matin ou de l’après-midi, je t’aurais réveillé en sursaut en te souhaitant un bon anniversaire.

Tu m’en aurais sûrement voulu, tu m’aurais traité de tous les noms, avant que l’on ne se mette à rire comme des cons, avant que tu ne me remercies et viennes me serrer dans tes bras. C’est vrai, c’est pas rien 20 ans. On aurait fêté ça comme il se doit, je me serais bien entendu foutu de toi en te traitant de vieux, ce à quoi tu rétorquerais que je suis plus vieux que toi d’un peu moins d’un an, et je me serais incliné devant cette impressionnante logique.

Tu m’aurais sûrement demandé « C’est comment la vingtaine ? » Et en grand frère moqueur mais toujours là pour l’autre, je t’aurais rassuré en te disant que ça change presque rien, à part qu’à partir de maintenant, on ne grandit plus, on « prend de l’âge », on « vieillit ». Je suis sûr que tu aurais refusé ces injonctions et continué a dire que tu grandis, deviens plus beau, plus grand, plus fort (tu tiendrais cette vanité de ton père probablement).

Mais tu n’es plus. Ce billet est là car tout ce que je viens d’écrire, je ne pourrais te le dire devant ta tombe, j’ai oublié son emplacement… J’ai écrit ces mots en imaginant la scène, les larmes sont immédiatement montées malgré la présence de musique entraînante dans mes oreilles. Tu me manques frangin, énormément. Tu sais, tu ne l’as pas connue mais tu as une petite sœur. Est-ce parce que nos créateurs tenaient absolument à avoir deux enfants qu’ils ont tenté de refaire un enfant ? Je n’en sais rien. Et je m’en fous.

Margaux est la plus belle chose qui me soit arrivée. Mais je ne peux m’empêcher de penser, surtout en cette période, à comment ça aurait été si tu n’avais pas péri dans des conditions que je ne connais même pas. Je sais qu’avec des « si » et des remises en questions du passé, on referait le monde. Mais je ne peux pas accepter ce sort. Comme moi tu es né grand prématuré, et j’y ai survécu à cette naissance, moi. Pourquoi pas toi ? Pourquoi ?!

Désolé Mathis, je vais m’arrêter là. L’émotion me submerge trop. Mais joyeux anniversaire. Ta mort ne m’empêchera jamais de te le souhaiter. Jamais. Et je t’aime, je n’ai aucun souvenir de toi, pas même une photo, mais je t’aime.

Avant de te laisser, je voulais juste te dire que chaque 14 janvier, j’écoute en boucle la chanson « Starlight » de Muse, mon groupe préféré. Peut-être que tu les aurais aimés aussi ces trois là, tout comme ta petite sœur. Cette chanson me fait pleurer encore plus, mais tu peux pas savoir à quel point c’est libérateur. Alors encore une fois je t’aime et « I just wanted to hold you in my arms ».

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